S'il est un moment particulier, c'est bien le moment où l'on rentre chez soi après le mariage. Une fin de journée qui appelle souvent le wedding blues, où toute l'agitation retombe, où le rêve prend fin, où tout n'est plus que souvenir.
Certes, organiser un brunch ou un déjeuner le lendemain permet de prolonger la parenthèse enchantée. Mais tout a une fin, et oui, vous finissez par dire au revoir à tout le monde et à remballer votre robe.
Quelque part, je trouve que c'est malgré tout un beau moment. Parce qu'on a vu se concrétiser tout ce qu'on avait en tête depuis des mois. Parce qu'on repart avec une bonne dose d'amour. Parce qu'on porte enfin son alliance chérie. Parce que son mari tout neuf pose un regard différent sur sa femme toute neuve.
Mais concrètement, à quoi ça ressemble la fin d'un mariage ?
Une bonne moitié de la noce est partie, celle restante étant occupée à passer un coup de balai ou ranger les chaises, tandis que vous donnez vos consignes : "trois caisses de vin dans le coffre de Papy, le coca va chez ma cousine, celle qui a quatre enfants, le décor du photobooth... euh dans la voiture familiale du témoin. Attention, les bonbonnières sont fragiles ! Oui Maman prends toutes les fleurs que tu veux. N'oubliez pas de ramener les bonbons".
Puis au compte-gouttes vous faites la bise à un, puis deux, puis quinze invités. Vous cherchez désespérément de quoi vous occuper et occuper ceux qui restent, pour ne pas les voir partir eux aussi.
Pendant ce temps, votre mari tout neuf regarde perplexe son coffre se remplir, et se demande où caser les douze bouteilles d'eau gazeuse parce que la place est déjà prise par la robe de mariée, le smoking, les centres de table, l'urne, l'arbre à empreintes, le livre d'or, les deux valises, les cadeaux surprises, les accessoires du photobooth et sa gueule de bois.
Et puis par on ne sait quel miracle, le lieu s'est vidé de sa substance, les jeunes mariés ont réussi à rentrer dans leur voiture et commencent la route vers leur foyer. S'installe un mélange étrange de longs silences rêveurs et d'échanges animés de souvenirs sans queue ni tête.
Quelques SMS arrivent déjà de la part d'invités qui eux aussi semblent heureux du week-end qu'ils viennent de vivre.
On arrive à la maison et on prend une bonne demi-heure à vider la voiture et à essayer de trouver le meilleur moyen de faire tenir tout ça dans le salon, le couloir, la chambre, oh et puis on peut aussi en mettre dans la salle de bain.
Qu'est-ce qu'on mange maintenant ? Une pizza... Note pour plus tard : penser à faire les courses avant de se marier.
- T'es pas fatigué toi ? - Si mais j'ai pas envie d'aller dormir. - Moi non plus. On ouvre les enveloppes ??
Et voilà comment à 22h30 à J+1 on se retrouve dans son lit avec l'urne sur les genoux et son mari qui commence à faire les comptes tout en lisant les petits mots d'amour laissés par les convives. Et tout de suite, ça va mieux, parce que tout l'amour que vous avez reçu ce jour-là, il est écrit, et vous pourrez le relire à l'infini "forever".
Il y a les invités qui vous font une véritable déclaration, ceux qui ont fait plein de fautes d'orthographe mais qui sont tout de même touchants, les dessins des enfants, ceux qui disent que vous étiez trop beaux ou que le vin et le champagne étaient très bien choisis et que même s'ils sont un peu bourrés, ils kiffent votre mariage.
Il y a de jolies cartes, des cartes un peu tradi, les éternelles aquarelles de fleurs, les cartes achetées à l'arrache (c'est dans le dico maintenant, j'ai le droit) et sans trop de rapport avec le mariage mais "tant pis, c'est l'intention qui compte", il y a carrément un livre trop drôle avec vos "private jokes" préférées fait par vos potesses, il y a des cartes inspirées et d'autres moins, il y a la petite peinture faite par la copine de maman.
Encore un SMS. Un dernier coup d’œil à l'arbre à empreintes et à votre robe tâchée. Allez, on éteint la lumière et on s'endort sereinement à côté de son époux, enfin seuls rien que tous les deux et des rêves plein la tête et toujours cet amour qui continuera à vous transporter longtemps, longtemps.
PS : à quelques détails près, ça s'est passé comme ça pour nous. En revanche, on avait la chance d'avoir des potes qui dormaient chez nous et qui nous ont aidés, sans le savoir, à revenir en douceur sur terre. Et vous c'était comment ? Ou vous ferez quoi le soir du J+1 ?